Les Équilibristes Prix Grand Action au Festival International de Contis
11 septembre 2017
0

Les heures précédant la cérémonie de clôture, on se retrouve comme à l’école au moment des récompenses; tous les réalisateurs en compétition ont dit à haute voix, arrête, je n’ai aucune chance, c’est ton film qui va l’avoir; ou, plus philosophiquement, n’est-il pas absurde de classer les œuvres d’art, Woody Allen a toujours refusé d’être en compétition à Cannes et combien de fois Bergman a loupé la palme ? Mais, secrètement, chacun espère entendre son nom avant de monter sur scène.

Le soir du palmarès du Festival de Contis, j’étais honnêtement persuadé ne rien avoir, j’avais vu le très beau court-métrage de Jessica Palud, Marlon, qui m’avait étonné par sa justesse, sa sensibilité, je n’étais pas loin de la petite larme à la fin; Marlon était mon favori.

Dimanche soir, la cérémonie commence; pas mal de festivaliers sont déjà repartis à Paris, Bordeaux, Bologne… On est quand même très nombreux dans l’incroyable salle de cinéma de Contis. L’ambiance est plutôt détendue, à part les réalisateurs en compét qui arborent un sourire figé, et moi qui viens de découvrir que les charmantes barmans du festival concoctent un délicieux planteur qui procure toutes les vitamines nécessaires pour supporter le stress d’un palmarès. Betty et Rainer, les directeurs, remercient les partenaires, les festivals internationaux, les mécènes, qui vont donner des prix, c’est assez intéressant puisque la plupart des prix sont des aides réelles (dans le ciné, on dit « en industrie ») à la production ou à la diffusion : édition d’un Dcp, location de matériel son pour le prochain film, diffusion du court en salle à Paris…

L’incroyable salle de Contis

Les prix du public arrivent, mini frisson dans la salle; à cet instant je me remémore que, pour Combien ?, lors du festival de Milan, le directeur du festival était venu me voir discrètement juste avant la cérémonie « Gilles, je crois que ce serait vraiment pas mal si tu étais là, mais chut… » Dans la seconde, j’avais repris la cigarette que j’avais arrêtée 6 mois auparavant. Ce soir à Contis, ni Betty, ni Rainer, ne m’ont rien dit, je suis donc paisible, je cherche dans la salle le réal ou la réal qui, lui-elle, a été prévenue et repasse dans sa tête la structure de son discours (je commence par remercier le jury ou le producteur ?).

Prix du public, je n’ai pas été appelé, tout est normal; on attaque le palmarès, le jury monte sur scène; très détendu, je décide de finir cul sec mon planteur. Les mentions spéciales sont attribuées à des réal italiens et hollandais, je suis content, j’ai adoré Vloed, le court hollandais. J’en fais part à mon voisin, on parle du film italien, on digresse sur la qualité du planteur, qui a retenu aussi toute son attention, quand la présidente du jury parle du deuxième prix, le prix Grand Action, que le jury attribue aux… Équilibristes de Gilles Tillet.
Bascule.
La salle applaudit, je me lève, je dérange ma rangée qui me tape sur l’épaule, les mètres qui me séparent de la scène, je les franchis en courant, je saute de joie en levant les bras, je monte sur scène, j’ai une énorme poursuite sur le visage, je n’y vois plus rien, le jury parle de mon film, l’humour la mise en scène l’incroyable qualité du jeu d’acteur, je suis fou de joie j’ai envie de pleurer.

Le soir de la projection avec Betty Berr

Je remercie le jury, le festival, parle du sida aujourd’hui, on peut vivre des histoires d’amour, merci à Anthony Doncque et David Hurst les producteurs, merci Solal Forte et Manuel Blanc et tous les autres acteurs.
Ensuite, c’est la soirée, les coups de fils, les festivaliers qui me parlent du plaisir que leur a procuré le film. Ça donne la force pour continuer, continuer à fédérer acteurs, scénaristes, producteurs, techniciens…
Partir sur d’autres projets !

Isabelle Gibbal-Hardy, directrice du Grand Action, le trophée, et moi

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer